Parler de l'Europe au début du XVIIe siècle n'a peut-être pas vraiment de sens, tout du moins selon l'acception moderne du mot. Pas de formulation de la conscience d'une appartenance commune, pas de contestation des frontières qui séparent les peuples. Mais des échanges nombreux, une circulation...
Parler de l'Europe au début du XVIIe siècle n'a peut-être pas vraiment de sens, tout du moins selon l'acception moderne du mot. Pas de formulation de la conscience d'une appartenance commune, pas de contestation des frontières qui séparent les peuples. Mais des échanges nombreux, une circulation permanente des styles et des techniques, qu'il s'agisse de la peinture, de la musique ou du théâtre. Et aussi, en France comme en Italie, un même amour pour le bel objet ; montre ornée d'une miniature peinte sur émail, cabinets d'ébène finement sculptés, livres reliés de cuir et décorés de motifs d'or, tapisseries, vêtements, tout participe au développement d'un " temps d'exubérance ". Mais exubérance ne signifie ni superficialité, ni surcharge. Au contraire l'ornement, qu'il soit architectural, pictural, mobilier ou musical, se garde de la grandiloquence.
C'est dans cet univers que Gustav Leonhardt nous transporte, en nous invitant à des allers-retours incessants de Paris à Rome, entre la grâce de Louis Couperin et l'inventivité foisonnante de Frescobaldi. Par-delà les évidentes différence de style, une même vision du discours musical, peu à peu, se fait jour.
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